N’avez vous jamais envisagé qu’une guerre ou une catastrophe vienne rompre la normalité de votre quotidien ? Être survivaliste, c’est se préparer à survivre en totale autonomie dans des situations extrêmes. Mais cela ne passe pas bien sûr que par l’acquisition d’équipement. Un bon survivaliste se doit d’accumuler des connaissances dans de multiples domaines que sont la médecine, la survie, la self-défense et bien d’autres encore.

Sachant cela, comment devient-on survivaliste ? Quels sont les fondements de ce mouvement de plus en plus populaire aux États-Unis comme en France ?

Le survivalisme, qu'est-ce que c'est ?

Le survivalisme, qu’est-ce que c’est ?

Qu’est-ce que le survivalisme ?

Le survivalisme est avant tout basé sur l’anticipation, la prudence et la préparation. Vous préparer physiquement et mentalement à certaines éventualités plus ou moins difficiles fera de vous un survivaliste aguerri. Pour ce faire, il est intéressant de s’attacher aux origines du mouvement ainsi qu’à ses subdivisions.

L’origine du survivalisme

Le survivalisme a connu de nombreuses évolutions depuis l’invention du terme durant les années 1960 par Kurt Saxon. Sa pensée s’exprime à travers des apparitions en public ou des livres édités en majeure partie par le parti nazi américain. Dans la crainte d’une menace nucléaire venue d’URSS et de la réapparition des tensions entre les deux blocs en pleine guerre froide, c’est un survivalisme dit “d’extrême droite” qui s’est développé à l’époque. Dans ce contexte, anticiper les attaques et fuir la ville en cas de bombardement étaient au cœur du sujet.

Après que le 20e siècle a traversé une série de conflits et d’événements plus désastreux les uns que les autres, le survivalisme s’est modernisé et naît réellement en tant que tel depuis 2012, après des crises économiques majeures ayant perturbé de nombreux pays ainsi que l’apparition de nouvelles formes de guerre.

Les peurs se sont peu à peu transformées pour se concentrer plutôt sur une éventuelle crise environnementale ou économique.

Qu’est-ce qu’un survivaliste ?

Les survivalistes font reposer leurs efforts sur l’anticipation de menaces rationnelles et plausibles. Ils se distinguent largement et agissent en opposition aux dissidents que le monde a pu connaître en 2012 lorsque la crainte d’une catastrophe à la fin du calendrier maya s’était développée.

C’est d’ailleurs pour se différencier de ces individus délirants que le mouvement survivaliste a véritablement pris véritablement de l’ampleur et s’est peu à peu modernisé. Les survivalistes modernes ou “preppers” se définissent comme des personnes qui se préparent à une éventualité catastrophique envisageable.

Le but est d’assurer son autonomie parfaite si le monde est confronté à une rupture de la normalité. Le mouvement englobe chaque individu (femmes, hommes, enfants) et met en avant une vie en autarcie en ville comme à la campagne. Cela passe par l’élaboration d’une base autonome durable (BAD) et la mise en pratique de connaissances de survie en environnement hostile telles que :

  • La biodynamie
  • La permaculture
  • La médecine
  • L’autodéfense

Survivaliste ou autonomiste ?

Les néo survivalistes ou “preppers” prévoient en priorité la survie de leur personne et de leurs proches en cas d’urgence. L’idée est qu’il faut anticiper des événements plausibles qui mettraient en péril la vie au quotidien. Constituer des réserves d’eau et de nourriture est donc essentiel pour subvenir à des besoins primaires. Ainsi les survivalistes développent leur autonomie uniquement dans le but de se maintenir en vie si une guerre ou une crise survient.

A contrario, les autonomistes ne sont pas des survivalistes. Ces derniers ne cherchent pas en premier lieu à anticiper une catastrophe, mais plutôt à sortir du système actuel tel que nous le connaissons. Les autonomistes souhaitent assurer leur indépendance sans utiliser les moyens de consommation classiques et préfèrent employer des méthodes durables, économiques.

Cela concerne aussi l’approvisionnement en énergie tel que l’eau ou l’électricité. Sur cet aspect là, nous pouvons noter quelques points communs entre les deux mouvements. Dans un camp comme dans l’autre, il est nécessaire de garantir sa pleine indépendance.

L’autonomiste ne veut surtout pas compter sur les grands groupes pour s’approvisionner. Il va lui même se donner les moyens de vivre en autarcie. Cela permet aussi de se recentrer sur des valeurs fondamentales à l’écart du monde et du consumérisme.

Pourquoi devient-on survivaliste ?

Plusieurs raisons peuvent vous pousser à devenir survivaliste. Que ce soit pour combler de multiples craintes, vivre en autarcie ou par simple principe de prudence, chacun peut s’y retrouver et développer un survivalisme en accord avec ses valeurs.

Anticiper une rupture de la normalité

La première raison qui pousse à l’adhésion au mouvement survivaliste reste l’anticipation des guerres civiles, d’une crise économique ou environnementale, d’une catastrophe naturelle et bien d’autres événements probables. Il ne s’agit en aucun cas de pessimisme, mais plutôt de prévention. L’état d’esprit d’un survivaliste est basé sur trois grands principes :

  • La connaissance
  • L’équipement
  • La volonté de vivre

L’acquisition de nombreuses connaissances utiles à la survie et d’un équipement adapté pour réagir à des situations dangereuses découle du principe le plus important, à savoir la volonté de survivre.

C’est la source première de la détermination d’un survivaliste et c’est aussi ce qui lui permet d’acquérir des connaissances en réponse à sa volonté, car rien ne sert d’avoir du matériel et d’être suréquipé si vous ne savez pas l’utiliser.

Pourquoi devient-on survivaliste ?

Pourquoi devient-on survivaliste ?

Développer son autonomie

Ainsi les survivalistes agissent dans le but de développer une autonomie parfaite. Et cela passe aussi par l’entraînement si bien théorique que pratique. Entraînez-vous régulièrement à utiliser votre matériel pour acquérir des automatismes et des réflexes qui vous feront gagner des minutes précieuses lorsque la situation ne laisse pas de place au doute et l’incertitude.

Il paraît normal d’imaginer que vous ne serez pas dans des conditions optimales si jamais vous deviez fuir votre domicile. La fatigue et le stress sont des éléments à prendre en compte dans ce type de situation. C’est pourquoi vous entraîner vous permet de réduire la marge d’erreur que vous pouvez commettre dans l’urgence, et donc d’augmenter vos chances de survie.

Comment devenir survivaliste ?

Il existe beaucoup de moyens qui vous permettent de vous renseigner efficacement et de devenir un survivaliste aguerri. Cela passe par l’apprentissage théorique de plusieurs domaines ainsi qu’un entraînement rigoureux. Et il n’est jamais trop tôt pour commencer : mieux vaut être prêt à réagir à tout moment.

Le salon du survivalisme

Deux éditions du salon de l’outdoor et de l’autonomie ont déjà eu lieu à Paris en 2017 et 2019. La troisième édition est prévue pour 2021 et réunira aussi bien des survivalistes aguerris que de nouveaux intéressés souhaitant s’initier au survivalisme.

Ce salon est un bon moyen de découvrir le monde du survivalisme et a pour ambition de devenir une véritable référence en ce qui concerne la prévention des risques et la survie en environnement hostile. Plusieurs thématiques sont abordées :

  • L’outdoor
  • La gestion de l’eau
  • La survie
  • La gestion de l’alimentation
  • L’approvisionnement en énergie
  • La sécurité et la santé

C’est un excellent moyen de se former et de rencontrer des professionnels du milieu pour mieux comprendre les enjeux du mouvement survivaliste, d’autant plus que ce salon est le premier en Europe à traiter de ce type de thématique.

Là encore se trouve la preuve que le survivalisme s’est modernisé et n’est pas une lubie réservée aux pessimistes. Un incident à l’échelle mondiale ou territoriale est tout à fait possible, voire probable, d’où la nécessité d’apprendre et de se documenter.

Les stages de survivalisme

Vous pouvez aussi choisir de suivre des séminaires traitant du survivalisme pour une immersion totale en situation urgente. Ces stages ont pour visée l’initiation et la formation à des méthodes de survie en milieu sauvage. Vous apprenez aussi à gérer votre stress, faire des analyses situationnelles, prendre des décisions rapidement.

La situation psychique du survivaliste ne doit en aucun être négligée. L’esprit comme le corps nécessite un entraînement particulier pour se fortifier et mieux réagir face à l’inhabituel. Vous allez aussi acquérir des connaissances dans de multiples domaines :

  • Comprendre son environnement
  • Se déplacer sans être vu
  • Franchir les obstacles
  • Médecine naturelle
  • Aide à la navigation
  • Arts martiaux

La plupart de ces stages sont encadrés par d’anciens militaires ou des professionnels de la survie en milieu sauvage. Ils sont donc une bonne occasion pour vous former et acquérir l’ensemble des connaissances nécessaires à un survivaliste.

Se documenter et s’exercer

Si vous ne disposez pas du temps nécessaire pour effectuer une formation aux pratiques survivalistes de manière encadrée, préférez la documentation en ligne ou bien d’excellents livres qui traitent du sujet tels que :

  • Survivre à l’effondrement économique de Piero San Giorgio
  • NRBC du même auteur
  • Aventure & Survie de John Wiseman

San Giorgio est considéré comme une véritable référence pour les survivalistes, tout comme J. Wiseman, consultant en survie et ancien membre d’une unité des forces spéciales britanniques. Forgez-vous une véritable connaissance du sujet afin de développer les pratiques qui vous correspondent.

Cela permet aussi de réaliser l’importance d’un mode de vie autonome et durable vers lequel notre société doit tendre.

Les bases du survivalisme

Vous avez mûrement réfléchi et vous êtes maintenant prêt ou prête à vous initier aux bases du survivalisme ? Je vous dévoile les principaux fondements des pratiques de survie dans un environnement hostile, en zone rurale et en zone urbaine.

Organiser les ressources et les réserves

Afin de survivre durant une longue période de crise, il est nécessaire de préparer l’élaboration de certains éléments déterminants comme votre base autonome durable ou BAD. Cette base doit être un lieu de repli où vous pouvez survivre en autonomie par rapport à l’extérieur.

Vous allez à terme produire toutes les ressources nécessaires à votre survie dans cette base. Je vous recommande aussi de vivre en communauté et de vous constituer un véritable réseau pour conserver du lien social même en situation d’urgence. Ce lien social est indispensable au maintien de votre santé mentale au même titre que votre condition physique.

En plus de garantir votre autonomie, votre BAD doit être sécurisée et vous permettre de vous défendre en cas de problème. Essayez de parfaire votre système de sécurité au moyen de grillages, matériaux naturels, avec éventuellement un système d’alarme. Notez aussi qu’être “invisible” et vous déplacer furtivement est une base fondamentale du survivalisme.

En zone urbaine

En ville, il est tout à fait possible d’aménager votre BAD chez vous grâce à des systèmes d’approvisionnement comme la permaculture, la biodynamie ou encore l’aquaponie. Vous pouvez même mettre en place un poulailler si vous disposez d’un petit espace extérieur, ainsi qu’un système de récupération de l’eau de pluie.

Je suis conscient qu’il est plus difficile de mettre en place ce type de structure en zone urbaine, car les ressources naturelles sont moins nombreuses. C’est pourquoi il vous faudra constituer de grandes réserves d’eau et de nourriture si vous ne possédez que peu d’espace.

En zone rurale

Si vous habitez en ville, mais possédez une base autonome à plusieurs kilomètres en milieu rural, il faudra prévoir un véhicule d’évacuation, un BOV (Bug out Vehicle) en langage survivaliste. Il s’agit généralement d’un véhicule utilitaire ou bien d’un deux roues qui vous permet de vous déplacer facilement et d’emporter un peu de matériel (4×4, moto, quad).

Ne sous-estimez pas non plus l’importance d’une remorque. Ainsi il sera plus facile pour vous de déplacer des ressources et du matériel, voire même des personnes dans ce type de situation.

Constituer un kit de survie - Le meilleur kit de survie

Constituer un kit de survie – Le meilleur kit de survie

Choisir son équipement de survie

Si une rupture à la normalité devait advenir, tout votre matériel doit déjà être prêt. Chaque seconde gagnée est précieuse pour votre survie, d’autant plus si votre domicile est établi en milieu urbain où la démographie et les risques sont plus élevés.

C’est pourquoi tout survivaliste se doit de préparer un ou plusieurs sacs d’évacuation (Bug out Bag). Il est recommandé d’en avoir au minimum un à son domicile, un autre dans son véhicule d’évacuation et un autre dans sa cachette.

Ce sac vous permet d’assurer votre survie pendant 72h en autonomie totale, le temps de rejoindre votre BAD par exemple. Voici une liste non exhaustive du matériel à emporter dans votre bug out bag (BoB) :

  • Un petit éclairage autonome (lampe dynamo/tactique)
  • Allumettes imperméables ou briquet
  • Un couteau de survie
  • Un couteau multifonction
  • Une couverture de survie
  • Un kit médical
  • Eau et rations de survie

Bien sûr, il existe une multitude d’accessoires et d’outils que vous pouvez juger utile d’ajouter à votre sac d’évacuation. Transformez ainsi vos habitudes et évoluez vers un mode de vie autonome et durable tout en anticipant une éventuelle rupture de la normalité.